Entre un 26 juin 1848 et un 26 juin 2019 :

Avec le recul dont nous disposons aujourd'hui, tout prouve - s'il en est besoin – que l'utopie se retrouve souvent avec cette vaine croyance en la politique et leurs politiciens, comme si cela pouvait changer fondamentalement la société. Dans ses Carnets Proudhon (élu député les 4-5 juin) ne se faisait aucune illusion sur le sujet : "Ce qui est vrai hier, est vrai aujourd'hui : la réforme politique n'est pas le moyen de la réforme sociale". Une autre grande personnalité, Alexis de Tocqueville, son contemporain et un adversaire déclaré des révoltés de 1848, écrivait alors : "Il y a eu des révolutionnaires plus méchants que ceux de 1848, mais je ne pense pas qu'il y en ait eu de plus sots ; ils ne surent ni se servir du suffrage universel, ni s'en passer. S'ils avaient hardiment saisi la dictature, ils auraient pu la tenir quelques temps dans leurs mains. Mais ils s'imaginèrent niaisement qu'il suffisait d'appeler la foule à la vie politique pour l'attacher à leur cause et que, pour faire aimer la République, c'était assez de donner des droits sans procurer des profits". La messe était dite. Malheureusement et à chaque fois, on assiste à sa répétition et, le piège politique se referme toujours sur un peuple-enfant.
En ce jour du très macabre anniversaire d'une sanglante défaite populaire : gémissons, gémissons, gémissons ...mais espérons ! Les quelques succès - très relatifs d'ailleurs - de journées de protestation qui égrenèrent l'histoire de notre peuple ne peuvent nous faire oublier qu'il manque encore et encore ce souffle géant d'un grand soir rédempteur !
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